Don't be caught

Pour Eugene Istomin, Igor Stravinsky était sans conteste le plus grand compositeur du Vingtième Siècle. Il s’était procuré l’édition discographique complète, dirigée ou supervisée par le compositeur, et avait tenu à l’écouter entièrement. Il partageait cette admiration avec son ami David Oppenheim, qu’il avait encouragé à réaliser pour CBS son fameux documentaire sur Stravinsky. L’initiative venait de Stravinsky lui-même, qui venait de voir le très beau film qu’Oppenheim avait consacré à Casals (Casals at 88). C’était en 1965, au moment où Istomin venait de mettre à son répertoire la Sonate d’Igor Stravinsky. Il n’avait pas osé déranger le compositeur pour lui demander conseil. Il s’était tourné vers son fils, Soulima Stravinsky, qui enseignait à l’Université de l’Illinois et qui avait travaillé l’œuvre avec son père.
En 1968, Istomin se permit d’écrire à Stravinsky, pour lui demander de rejoindre le Comité des Artistes et des Ecrivains qui soutenait Hubert Humphrey pour la candidature démocrate aux élections présidentielles. Stravinsky lui répondit gentiment qu’il préférait apporter son soutien à Eugene McCarthy, qui lui semblait s’opposer plus radicalement à la poursuite de la guerre au Vietnam.
L’admiration d’Istomin s’est traduite aussi par l’acquisition d’un des portraits de Stravinsky dessinés par Alberto Giacometti à Paris en 1957.

Sonate

Stravinsky au pianoEn 1965, Istomin fit une tournée en Russie, sous l’égide du Département d’Etat. Il avait été échaudé en 1963 par une tournée en Bulgarie où les autorités communistes avaient tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues et avaient fini par dire, après le grand succès de ses concerts, que ce succès était normal car il était d’origine russe ! Alors il décida de ne proposer en Russie que des concertos de Beethoven et de Brahms, et de ne jouer qu’une œuvre « russe » dans ses récitals : la Sonate d’Igor Stravinsky ! « J’adore cette sonate. Elle respire la simplicité, alors qu’elle est d’une extrême complexité d’écriture. C’est une musique très émouvante, même si elle s’abrite derrière une apparence d’objectivité, d’impassibilité. Elle me fait penser à Beethoven, jusque dans son humour… ». Istomin avait enregistré cette sonate pour Columbia en avril 1967. Sony l’a publiée pour la première fois en

Documents

Conversation « superficielle et polyglotte » avec Nabokov.

Souvenirs du Sacre du printemps.